Lutter contre la dénutrition avec le portage de repas

En mars 2020, la Haute Autorité de Santé estimait à deux millions le nombre de personnes dénutries en France[1]. Mal connu, parfois mal diagnostiqué, cet état pathologique nécessite pourtant une prise en charge rapide. Heureusement des solutions efficaces existent, au premier rang desquelles le portage de repas. Accompagnés du professeur Eric Fontaine et de Léa Delbrel, diététicienne, nous revenons sur les risques de la dénutrition et sur l’importance d’un accompagnement alimentaire adapté pour la prévenir.

2 millions de patients dénutris en France[2]

La dénutrition est définie par la Haute Autorité de Santé comme « l’état d’un organisme en déséquilibre nutritionnel »[3]. Celui-ci est alors « caractérisé par un bilan énergétique et/ou protéique négatif »[4]. Concrètement, lorsqu’une personne s’alimente moins que ce qu’elle dépense, elle puise dans ses réserves de graisse et de muscle dans des proportions variables selon que la personne est en bonne santé ou malade (l’inflammation qui accompagne de nombreuses maladies favorise la « consommation » des muscles). Avec des conséquences en chaîne : « la perte de muscle diminue les défenses immunitaires, quel que soit l’âge de la personne concernée », explique le professeur Éric Fontaine, responsable de l’unité de nutrition artificielle et du centre labellisé de nutrition parentérale à domicile au CHU de Grenoble, et fondateur du Collectif de lutte contre la dénutrition. Dans ces conditions, une personne qui ne s’alimente pas assez se trouve plus exposée aux risques infectieux.

Les principaux concernés par la dénutrition sont les personnes âgées, à domicile comme en EHPAD, ainsi que les personnes malades. On estime ainsi que 4 à 10 % des plus de 70 ans sont touchés. Chez ces profils particulièrement sujets à la perte de poids spontanée, les risques sont accrus : la perte de masse musculaire a des conséquences plus importantes et plus rapides. En outre, cette population est également davantage exposée aux maladies chroniques, qui diminuent l’appétit : « une personne avec une maladie chronique mange moins et ne reconnaît pas cette baisse d’appétit comme un facteur d’alerte », ajoute le professeur Éric Fontaine. Moins visibles au début, les conséquences de cette perte d’appétit n’en sont pas moins préoccupantes, avec des risques accrus d’infection, de chute et de fracture.

Le spécialiste insiste sur la difficulté à faire prendre conscience de la gravité de la dénutrition. Dans une société où la lutte contre le surpoids est omniprésente, le parcours médical est souvent ponctué d’injonctions à la perte de poids. « Tout concourt à une normalisation de ce symptôme, et un jour, il n’y a plus suffisamment de masse musculaire et nous entrons dans les complications », ajoute-t-il. Difficulté supplémentaire : pour les proches comme les aidants, il est difficile d’estimer si une personne s’alimente assez, d’autant plus lorsque l’on ne vit pas avec celle-ci.

Le plaisir de manger, pour des apports suffisants

Réponse sur-mesure à ce problème majeur de santé publique, le portage de repas permet de s’assurer que les personnes à risques disposent de repas équilibrés et variés. Conscients de cette problématique, chez 3 Forêts, nous avons fait de cette solution un des piliers de nos services à la personne.

Et parce que la proximité fait partie intégrante de notre ADN, nous avons soigneusement sélectionné pour ce service Sorest, un partenaire qui partage nos valeurs. Cette entreprise familiale indépendante du Val-d’Oise concocte des recettes réalisées avec des produits locaux et biologiques. L’idée ? Concevoir des menus de qualité, équilibrés et variés, qui redonnent envie de manger aux bénéficiaires.

Une grande diversité de menus et d’aliments est ainsi proposée. « Le portage de repas n’est pas juste une cantine délocalisée, explique Léa Delbrel, diététicienne chez Sorest. Il permet de garantir la sécurité alimentaire de tous au quotidien, avec des produits sains et bons. Chez nous, tout est fait maison. Nous avons à cœur, grâce à des aliments de qualité, de proposer des plats aussi goûtus qu’appétissants ».  

Pour cette raison, aucune place à l’improvisation ! L’apparence des repas est soigneusement étudiée : pas de menus monochromes, qui n’invitent pas à la consommation. De la même manière, lorsqu’un nouveau plat est introduit dans un menu, il est jumelé à un plat apprécié des convives pour assurer qu’une partie du repas sera consommée.  Soit toujours à l’œuvre une même idée : redonner le goût à ceux qui l’ont perdu.


[1] Haute Autorité de Santé, « Diagnostic de la dénutrition de la personne âgée », 19/03/20.

URL : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-03/reco368_cadrage_has_ffn_denutrition_pa_2020_03_19_vpost_coi.pdf

[2] SFNEP Société Francophone Nutrition Clinique & Métabolisme

[3] Haute Autorité de Santé, « Diagnostic de la dénutrition de l’enfant et de l’adulte », novembre 2019.

URL : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-11/reco277_recommandations_rbp_denutrition_cd_2019_11_13_v0.pdf

[4] Haute Autorité de Santé, « Diagnostic de la dénutrition de l’enfant et de l’adulte », novembre 2019.

URL : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-11/reco277_recommandations_rbp_denutrition_cd_2019_11_13_v0.pdf

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